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« Il y a un chemin devant moi, alors je le prends. Jusqu’où ce chemin continue-t-il ? Jusqu’où puis-je aller? Qu’est-ce qui se passera si je continue? Qu’est-ce que les générations de maître avant moi ont-ils réussi à atteindre? Qu’est-ce qui leur est arrivé en atteignant le bout de leur chemin? Je suis impatient de voir ce qui m’arrivera à moi aussi. » Sensei Tatsuya Naka, 7e dan.

« Ces sensei qui, comme une bougie allumée, se consomment pour éclairer le chemin des autres. » Jesse Enkamp.

La recherche de la perfection et de l’efficacité en karaté se fait dans l’esprit du Shin Gi Tai. Ainsi, lorsque l’on parle d’apprentissage en karaté ou plus généralement dans les arts martiaux, on ne parle pas que de la technique, mais d’un tout qui englobe la technique, le corps et l’esprit de façon indissociable. Renshi nous a souvent parlé de ce concept mais qu’entend-on dans les notions de Shin Gi Tai ? Il existe plusieurs niveaux de définition ou de compréhension comme pour tous les autres principes des arts martiaux. Loin de moi de prétendre tous les couvrir.

Shin

Les arts martiaux ont tous un potentiel de violence. Les asiatiques balancent ce potentiel de violence par le développement de l’esprit : le Shin. Le Shin est la recherche de la paix, de l’harmonie. Le Shin, c’est aussi l’énergie qui nous fait vibrer. C’est la flamme qui brûle en chacun de nous.

Le Kanji du mot Shin se prononce aussi Kokoro comme dans les expressions japonaises l’esprit comme la lune (Tsuki No Kokoro) et l’esprit comme l’eau (Mizu No Kokuro). Ces anciennes phrases japonaises lient les arts martiaux au zen. Le premier dicton fait référence à la lumière de la lune qui brille uniformément sur tout ce qui se trouve en dessous. Les nuages ​​bloquant le clair de lune sont assimilés à la violence, à la nervosité, aux peurs, aux doutes et aux distractions bloquant notre clarté mentale et notre capacité d’agir. Le deuxième dicton fait référence à la surface de l’eau d’un lac calme sans vague. Si la surface du lac est perturbée, les reflets sur le lac sont déformés et on perd le contact avec la réalité des choses. Ces déformations font référence à l’agitation physique ou mentale qui bloque aussi notre clarté mentale. Ces deux dictons font aussi référence à la capacité intuitive et à notre harmonie avec notre environnement. C’est l’état de vigilance détendue connu sous le nom de Zanshin. En supprimant les processus de pensée, la réaction instinctive est beaucoup plus rapide et efficace.

Dans le sens ci-dessus, le Shin s’apparente au « ne pas penser » que rappelle parfois Renshi ou à l’attitude où l’on est là et maintenant dans le dojo. Face à un adversaire, il y a obligation de vivre le moment présent. Dans le dojo, il n’y a aucune place pour les pensées qui concernent nos joies ou nos ennuis personnels, les bons ou les mauvais moments de la journée. C’est ce que l’on tente de laisser de côté dès le début du cours par la méditation immobile (Moksu) où l’on cherche à faire le vide.

Pour le pratiquant, le piège du Shin c’est de tomber dans une forme de mysticisme ou d’ésotérisme. Pour le Sensei, le piège est de vouloir devenir un gourou qui a des réponses pour tout.

Gi

« Mille heures pour forger, dix milles heures pour polir » Myamoto Musashi (samouraï célèbre ayant vécu de 1584-1645).

Le Gi représente la maîtrise de la technique (Waza). La technique, quel que soit l’art martial pratiqué, se développe par la répétition. Il ne s’agit pas d’une simple répétition mécanique, mais de répétitions faites avec des phases de réflexion sur le travail effectué pour toujours progresser. Cette quête personnelle passe par les heures où l’on s’exerce à « faire » et à « faire encore » dans le cadre d’un travail sincère et assidu. Le Gi est aussi la connaissance du tableau de notre école et des principes que celui-ci permet de développer. Ainsi, on devient plus que simplement des robots bons dans une tâche spécifique mais incapables d’adaptation et de généralisation.
Le rôle du Sensei est ainsi primordial pour guider l’élève dans la bonne direction. 

Pour le pratiquant ou le Sensei, le piège du Gi est de devenir une personne obsédée par le concept technique jusqu’à s’attarder aux moindre détails même les plus insignifiants et ainsi oublier l’intention, le pourquoi. 

Tai

Le Tai, c’est le plaisir de bouger. C’est le corps et ses qualités physiques, équilibre, souplesse, force, résistance, endurance, vitesse. Sans lui nous ne pouvons rien faire. C’est la partie « entrainement physique » de la pratique de l’art martial. Il doit s’accompagner d’une bonne hygiène de vie et d’alimentation. On respecte son corps et on respecte celui des autres lors des affrontements. Pour développer le corps, le Sensei devient alors une sorte d’entraineur, de coach.

Pour le pratiquant ou le Sensei, le piège du Tai est que, sous la surface de l'entraînement physique, il n'y ait pas beaucoup de compréhension des aspects les plus profonds du karaté.

Nous devons être harmonieux.

Ainsi, quel que soit notre rôle, étudiant débutant ou  senior ou Sensei nous devrons continuellement tenter de développer les trois aspects du Shin Gi Tai pour progresser dans la voie du karaté. Plus important encore, ils doivent se développer de façon équilibrée.

Cela s’exprime aussi par le choix du type de dojo où l’on va poursuivre notre voie martiale mais aussi par la façon dont nous choisissons de pratiquer le karaté pour nous-mêmes et par la façon dont nous l'exprimons à d'autres personnes dans l’entrainement ou dans l’enseignement.

Dans notre dojo, Renshi a fait du Shin Gi Tai une prémisse qu’il nous rappelle de temps en temps. J’espère que ce que j’ai écrit ci-dessus vous aidera à en saisir certains aspects.


                                                                                   Sensei Philippe


  

Chronique 24 mars 2019

Shin Gi Tai