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Pratiquement tous les arts martiaux pratiquent le kiai. En Kenpo, un kiai accompagne souvent la pratique des techniques de base. L'harmonie des kiais dans un dojo peut servir d'émulation et renforce la motivation à frapper avec puissance. Dans les katas, le kiaia un effet libérateur à la dernière technique d'un enchainement ou souvent à la dernière technique du kata. En compétition ou en combat il est destiné à contracter les abdominaux et à mettre plus de force dans le coup donné. D'ailleurs, en compétition, certaines fédérations obligent de porter le kiai en même temps que l'attaque pour marquer le point (comme c'est le cas au Kendo). Dans les techniques d'autodéfense, le kiai est souvent utilisé pour surprendre l'attaquant afin de le distraire momentanément de son intention initiale et de permettre au défenseur de commencer une technique défensive plus facilement. L'évaluation de la force intérieure d'un karatéka peut être vérifiée en étudiant son kiai, car le kiai doit incarner l'esprit. Lorsque l'esprit est faible, le kiai est faible et la conséquence en est de même pour la technique.



                                                                                   Sensei Philippe


  

Il n'y a pas que dans les arts martiaux que l'on rencontre le kiai. Les joueurs de tennis ont leur kiai quand ils frappent la balle. Les haltérophiles ont le leur lorsqu'ils soulèvent la barre. Les lanceurs le font au moment où l'objet lancé quitte leur main. Cependant c'est dans les arts martiaux que le kiai s'exprime le mieux.


Le kiai désigne le cri de combat qui précède ou accompagne l'application d'une technique. Ce cri est utilisé notamment pour marquer une volonté d'action, ou bien pour perturber la concentration de l'adversaire. C'est la concentration de toute l'énergie du pratiquant dans un seul mouvement. Certains pensent que ce n'est rien de plus qu'un cri fort qui crée un réflexe de surprise chez ceux qu'il vise. D'autres pensent que c'est beaucoup plus.


Il est composé des Kanjis :

  • , qui se lit « Ki », et désigne l'énergie interne, l'esprit, la volonté ;
  • , qui se lit « Ai »pourrait se traduite par « se rassembler », « se réunir ».

Crier est un phénomène naturel. Presque tous les animaux le font, que ce soit pour avertir, pour en imposer ou pour porter une attaque. Chez l'humain, même les bébés crient. Pourtant j'ai toujours été étonné de voir lors de mes années actives dans l'enseignement du karaté combien il est difficile pour certaines personnes de crier pour faire un kiai. Pour ces personnes, leur éducation, leur manque d'assurance ou leur timidité les empêche de lâcher un cri aussi agressif. Cette difficulté à crier pour faire un kiaisemble être un phénomène universel dont on parle sur quelques sites Internet. Ici dans nos cours de Kenpo, Renshi est aussi parfois insatisfait de la qualité de nos kiais.

Pourtant, en évoluant vers la ceinture noire, le karatéka devra vaincre sa gêne et faire des kiais. Si un pratiquant veut que son kiai soit efficace, il doit venir de l'intérieur puis être projeté vers sa cible : une personne réelle ou imaginaire. Pour y parvenir, on doit lâcher prise et s'exprimer.


Personnellement, je crois fermement que si vous êtes trop inhibé pour faire un kiai convenable dans le dojo, il est improbable que vous soyez capable de faire face à une agression. De même, si vous n'avez jamais fait vos techniques contre quelqu'un qui attaque en faisant un kiai agressif, vous n'êtes pas prêt à faire face à une agression. Car pour moi, apprendre à faire le kiai en karaté ça sert à ça… Apprendre à gérer ses émotions et à passer outre certains conditionnements.


On doit éviter de toujours s'entrainer en vitesse ou en puissance car on camoufle ainsi plusieurs défauts et on risque d'apprendre de mauvais schémas de mouvements ou de déplacements ou de développer un manque de fluidité. Par contre, on doit parfois aussi travailler en puissance, vitesse, force pour développer nos techniques mais aussi pour rencontrer des adversaires dans des conditions plus près d'une agression. J'ai 62 ans et je souffre d'une forme de dystrophie musculaire progressive héréditaire. Cela amène mes muscles à s'affaiblir progressivement en commençant par mes paupières qui se ferment progressivement, les muscles de mon larynx qui s'affaiblissent et les muscles de mes jambes qui perdent aussi une partie de leur force. Pourtant, en dojo si je m'amuse à attaquer en puissance en poussant mon kiai, mon partenaire a toujours beaucoup de difficulté à parer mon attaque avec efficacité.


Le kiai est l'art de concentrer parfaitement toute son énergie physique et mentale sur un objectif donné, avec la détermination inébranlable de l'atteindre. L'énergie du kiai doit être concentrée, et non dispersée. À travers le Shingitai dont nous avons déjà parlé dans une chronique précédente, la personne pourra manifester de façons diverses son kiai qui traduit son attitude ou son état d'esprit.


En fait, il existe plusieurs types de kiai, par exemple pour relâcher la tension, pour augmenter l'efficacité d'une technique, pour provoquer une réaction spécifique chez un adversaire ou encore pour figer temporairement sa pensée et son action. Un autre type de kiai pourrait être pour marquer le point lors d'une compétition de combat (kumite). De même, le kiai variera s'il est fait sur une première technique d'attaque ou de défense ou s'il est fait plutôt à la dernière technique qui met fin au combat.


Le kiai est plus qu'un son de voix explosif. Il représente la projection d'un son fusionné avec une énergie, un esprit ou une volonté qui peut influencer l'état d'esprit de l'adversaire, produisant ainsi son effet. Le kiai est une respiration profonde. L'entendre permet d'évaluer une personne. Un kiai correct est très probablement la marque d'un haut niveau parce qu'il est lié à une respiration juste. Les arts martiaux n'utilisent pas une prononciation spécifique de kiai. Dans une large mesure, cela dépend autant de l'individu que du kiai spécifique utilisé. Les premiers kiais que font les étudiants sont probablement des tentatives d'imitation du kiai de leur instructeur. Ensuite, ils développent progressivement leurs propres sons au fur et à mesure que leur compréhension, leur capacité et leur sentiment envers leur art grandissent.


Un bon kiai est comme un coup de canon auditif, alimenté d'intention. La longueur est brève mais livrée rapidement et intensément. Le kiai est censé accompagner la technique et le kime. Il faut donc à mon sens d'abord appréhender la technique, puis le kime, avant de s'efforcer à vouloir effectuer un kiai. Le kiai est un cri particulier : il provient du hara (abdomen) puis il est expulsé fortement tout en étant plus ou moins bloqué au niveau de la gorge ou de la glotte par la contraction des muscles. Physiologiquement, ce mouvement, s'il est bien contrôlé, peut provoquer la contraction simultanée de la plupart des muscles du torse et de l'abdomen, ce qui peut amortir les coups reçus par le pratiquant. Comme vous le savez peut-être, une pièce rigide transmet les forces qu'on lui applique plus rapidement et plus intensément qu'une pièce semi-rigide ou pas rigide du tout ce qui peut contribuer à augmenter l'efficacité des coups portés. Ainsi, la force qui vient de nos appuis est mieux transmise aux hanches, au tronc et à l'extrémité qui frappe.


  

Chronique 30 avril 2019

Le Kiai